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  • Nicolas

I can't breath !

Ce sont les dernières paroles qu'a prononcé Georges Floyd, ce quadragénaire afro-américain, le 25 mai dernier aux alentours de 20h00 à Minneapolis. Lors de son arrestation, l'un des cinq policiers a maitrisé l’individu qui venait d’être interpelé, avec un étranglement, puis s'est agenouillé sur son cou pendant plus de huit minutes, provoquant sa mort quelques heures plus tard à l'hôpital.

Fresque en hommage à George Floyd à Houston, le 7 juin 2020

par David J. Phillip/AP/SIPA


Quel crime vaudrait un tel châtiment ? Selon la version qui nous est rapportée, George Floyd était accusé par un employé d’une épicerie d'avoir utilisé un faux billet de 20 dollars pour s'acheter des cigarettes... Ces griefs, justifiés ou pas, auraient entraîné une intervention musclée et brutale.


Mais quand on nous dit que que le policier qui a reçu l'appel aurait demandé à trois reprises à propos de Floyd « Quelle race ? »,« Est-il blanc, noir, amérindien, hispanique, asiatique ? », on se dit alors que les préjugés sont encore bien là et qu'il ne fait sans doute pas bon d'être un homme noir aux États-Unis, car la police pourrait bien se montrer extrêmement brutale avec vous !


Malheureusement cette disproportion dans les actes et cette haine gratuite n'est pas exceptionnelle, comme en témoigne le joueur suisse de la NBA, Thabo Sefolosha, qui a lui-même vécu une triste expérience lors d'une agression au couteau dans une boîte de nuit prisée de Manhattan. Alors que que toutes les personnes présentes se faisaient évacuer, un policier s'en est pris à Thabo, lui sommant de partir alors qu'il y avait encore une cinquantaine de personnes sur place. N'étant pas familier des pratiques de la police américaine, Thabo n’a pas obtempéré immédiatement, si bien que le policier l’a mis à terre et lui a brisé la jambe. Thabo fut emmené au poste de police avec son coéquipier blanc, Pero Antić, qui lui ne subira aucune maltraitance.

Thabo Sefolosha blessé à la jambe - reportage de la RTS


Plus de septante ans après l’adoption de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, nous devons bien admettre que le racisme sévit encore et toujours, et pas seulement aux Etats-Unis, mais parfois chez nous aussi, souvent de manière rampante…


Manifestation à Lausanne suite à la mort de Mike Ben Peter


Le racisme peut se présenter sous de multiple formes et parfois sournoisement. "Une journée dans la peau d'un noir" pourrait s'avérer être une expérience douloureuse pour plus d'un homme blanc. Ces regards soupçonneux ou désapprobateurs posés sur vous, cette sensation d'être différent, rejeté ou de subir parfois des contrôles injustifiés. "Il faut être noir pour comprendre ce que c'est !" m'a-t-on dit un jour. Ainsi en témoignent de jeunes suisses et suissesses tous d'origine africaine :


"J’ai connu le racisme dès mes 5 ans à travers mes camardes de classe qui passaient leur temps à m’insulter. Puis à l’école primaire je suis tombée sur un professeur raciste, je sentais qu’il ne m’appréciait pas alors du haut de mes 9 ans je lui ai demandé « J’ai l’impression que vous ne m’aimez pas. Et il a clamé haut et fort: « C’est vrai je te déteste ! ».


Des professeurs racistes ont défilé tout au long de mes études, j’ai appris à me défendre et à encaisser les coups. Je ne compte pas les fois où je me suis fait arrêter par la police sans raison, où un Securitas m’a suivi dans le magasin de peur que je vole quelque chose, où je me suis fait contrôler à l’aéroport, où une personne a changé de place pour ne pas être assise à côté de moi. Mais ce qui me désole le plus, c’est que ces comportements assimilés se transmettent de génération en génération." - MT

***

"Un jour je rentrais en TGV d’un super week-end à Paris avec une copine. A peine passé la frontière à Vallorbe la douane Suisse arrive dans notre wagon. Les 2 douaniers me voient et me demande mes papiers. Puis commencent à me poser des questions concernant mon bagage. Moi un peu choquée qu’on ne demande qu’à moi ces questions, mon amie « blanche » qui m’accompagnait n’a pas eu à montrer ses papiers, je commence à être moins à l’aise. À ce moment ils m’ont demandé d’ouvrir ma valise. J’en avais pas envie, mais que faire ? Alors ils ont ouvert mon bagage devant tout le monde et ont tout fouillé. Arrivé à Lausanne et n’ayant rien trouvé ils m’ont laissé comme ça, mon bagage ouvert avec juste ma pote qui m’attendait, tout le monde était déjà descendu du train en me regardant." - MS

***

"J’étais tranquille entrain de boire un verre avec une amie blanche en pleine journée, quand un homme débarque, passé la soixantaine, et me matte pendant 2-3 minutes. Il m’aborde et me parle de café et de voyages. Il me drague sous les yeux de ma copine assise en face de moi et l’ignore complètement. Je refuse ses avances (je n’ai que 23 ans), mais il insiste. Il part finalement et ma copine, choquée, me demande : “Mais pourquoi une personne aussi vieille t’a dragué comme ça ?”. Un peu étonnée, je comprends que cela ne lui arrive jamais et lui répond : “En tant que jeune femme noire, je me fais régulièrement draguer par des personnes beaucoup plus âgées”.


Cette expérience est en fait partagée par toutes mes amies noires mais « étrangement » aucune de mes amies blanches... Il s’avère que certains hommes blancs du tiers âge partent du principe qu’ils sont supérieurs et, parce que nous sommes de jeunes femmes noires, nous devrions nous sentir privilégiées qu’ils posent leurs regards sur nous. Ils pensent avoir avoir toutes leurs chances." - AU

***

"Nous rentrions d’une soirée entre amis (5 noirs) à Neuchâtel. Ce soir-là, il y avait eu un important match de football de la coupe d’Europe, des supporters dansaient sur la route et ralentissaient la circulation. Alors que nous marchions tranquillement (sur le trottoir) en direction de la gare, 2 voitures de police nous ont barré le passage. Nous nous sommes retrouvés encerclés par 8 agents de police qui nous ont demandé de présenter nos permis de séjours. Choqué par une telle intervention, j’ai demandé la raison d’un tel contrôle et comment pouvaient-ils déduire que nous étions tous détenteurs de permis de séjour et non de cartes d’identité suisse. Ils ont répondu qu’ils contrôlaient tout le monde en ignorant ma deuxième question. J’ai alors demandé pourquoi ils ont décidé de nous contrôler, nous qui ne faisions rien d’illégal quand des groupes de dizaines de supporters blancs ralentissaient et interrompaient la circulation routière sous leurs yeux ? Ils ont juste répondu qu’ils contrôlaient tout le monde." - CB



C'est donc une question qui nous concerne tous, et chacun de nous peut y faire quelque chose. Il est important de mettre fin aux préjugés et surtout que nous apprenions aux jeunes générations à ne pas faire de discrimination. Quelle que soit notre couleur de peau, nous avons tous les mêmes droits et devoirs.


Si vous avez aimé cet article, je vous invite à le partager avec vos amis et connaissances. Encore une fois, nous pensons que l'éducation et l'information sont les meilleurs atouts pour faire évoluer le monde.


Sources:

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Mort_de_George_Floyd

https://www.youtube.com/watch?v=3EbJia0QDPw&t=2205s

https://www.rts.ch/info/monde/11373186-la-mort-de-george-floyd-requalifiee-en-meurtre-quatre-policiers-inculpes.html

https://www.lesoleil.com/actualite/monde/george-floyd-le-doux-geant-mort-aux-mains-de-la-police-americaine-0ae7e221ccd61c32d0a39ef8923bc244

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/674238/50-ans-droits-civiques-johnson-segregation

https://www.lenouvelliste.ch/articles/suisse/violence-policiere-la-suisse-aussi-a-eu-son-affaire-george-floyd-943833

https://www.20minutes.fr/societe/2796395-20200610-heure-bim-adieu-george-floyd-trump-indigne-sortie-programmee-etat-urgence

https://www.lsdh.ch/section-vaud/105-evenements-vaud/243-manif-pour-mike-2


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